Etampes | Guerre 1939 - 1945 | Le 22 août 1944, libération d’Etampes

La libération d’Etampes, Claude Bosc s’en souvient comme si c’était hier
Le 22
août 1944, les troupes américaines sont entrées dans Etampes. Ce jour-là, Claude Bosc, qui avait onze ans et demi, ne l’oubliera jamais. «A cette époque, je demeurais avec mes parents, rue Mauconseil. Le 22 août, un peu avant six heures du matin, je décidais d’aller voir sur le Port, si les Américains étaient arrivés. En abordant la rue Evézard, j’ai rencontré Henri Loncle, un camarade d’école, qui demeurait dans la rue des Barricades. Il avait les mêmes intentions que moi», raconte-t-il. Les deux copains sont arrivés prudemment jusqu’à ce qui est maintenant la RN 191. Ils ont aperçu des soldats qui s’activaient pour creuser des points d’appui et remplir des sacs de terre pour installer une mitrailleuse. Arrivés à quelques mètres, les deux compères ont compris qu’il s’agissait bien de soldats américains. Quatre années d’occupation leur avaient appris à reconnaître les uniformes de l’armée allemande. «C’était le groupe précurseur. Nous vîmes alors deux colonnes de soldats américains qui descendaient l’avenue de Dourdan, le canon de l’arme dans la saignée du bras. Nous avons été surpris par leur habillement, leur blouson, leurs casques et par le silence de leur progression. Les souliers à semelles de caoutchouc, cela changeait des bruits de bottes entendus pendant toute l’occupation», se souvient’il. Claude Bosc est reparti en courant prévenir ses parents et tout le quartier. Tout le monde a alors convergé vers le Petit Caporal. L’arrivée des troupes américaines était attendue. «Nous savions qu’ils allaient arriver, précise Claude Bosc. Nous avions entendu des coups de canon la veille sur la route de Dourdan».
Annoncés depuis plusieurs jours.
Dès le 15 août, on les annonçait à Boissy-la-Rivière, des groupes avaient été aperçus à Angerville et Pussay. Les troupes du général Patton ont continué d’arriver par plusieurs artères d’Etampes et ont poursuivi leur progression sur Corbeil. Quatre carcasses de chars qui s’étaient heurtés à une batterie allemande à la hauteur de Boissy-le-Sec témoignaient de la violence des combats. Cette libération était attendue depuis longtemps. Claude Bosc (photo gauche), qui se souvient très bien de la période noire de l’occupation, de ses privations et de ses humiliations raconte qu’elle était espérée depuis l’entrée en guerre des Américains. «Dès 1942, mon père suivait leur progression, en écoutant radio Londres. Il marquait sur un planisphère les débarquements en Afrique du nord, puis en Sicile et en Corse». La Libération a suscité une joie indescriptible sur place. «Ce fut la fête pendant deux jours. J’ai connu des moments merveilleux mais je crois que celui-là est le plus beau jour de ma vie», confie-t-il.








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