Longjumeau | Hôpital : Xavier Bertrand se montre rassurant

De gauche à droite : le député Guy Malherbe, Eric Graindorge, directeur des hôpitaux de Longjumeau et Orsay, Xavier Bertrand, ministre de la Santé, et Nathalie Kosciusko-Morizet, maire de Longjumeau et ministre de l’Ecologie. (©B.Gluvacevic)
Le constat. «Une chose est sûre, l’établissement ne peut pas trahir sur son âge», a déclaré Xavier Bertrand, le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Santé, lundi 18 juillet, quelques instants après avoir visité plusieurs services de l’hôpital de Longjumeau. En se rendant sur place, le ministre entendait se rendre compte par lui-même de l’état de cet hôpital qui a ouvert en 1974 et dont la direction a déposé un dossier dans le cadre du plan Hôpital 2012. En septembre prochain, le gouvernement annoncera la liste des projets retenus. Une enveloppe d’environ 40 millions d’euros est espérée pour offrir une nouvelle jeunesse au deuxième plus grand hôpital du département.
4 douches pour 24 lits à la maternité. Ce n’est pas la qualité des soins qui est en cause mais les conditions de travail et d’accueil des patients. «Cet hôpital est ancien mais on y revient, pas forcément pour l’hôtellerie mais pour la qualité des soins et la chaleur du personnel», assure Nathalie Kosciusko-Morizet, maire de Longjumeau et ministre de l’Ecologie, du Développement durable, des Transports et du Logement. Ainsi, au service maternité, certes le bloc d’accouchement a été refait, mais pas les chambres. Il existe peu de chambres seules et surtout seulement quatre douches, séparées des chambres, pour vingt-quatre lits à l’un des deux étages dédiés à la maternité. Les visites par le ministre de la Santé des urgences et du bloc opératoire ne l’ont certainement pas plus conforté dans les capacités d’accueil de l’hôpital. Par exemple, si les urgences ont été conçues pour accueillir 10 000 personnes par an dans les années 1970, elles en accueillent plus du triple aujourd’hui, rien que pour les adultes. «Nous avons toujours eu du très bon personnel, mais aujourd’hui, certains se demandent s’ils ne vont pas partir», craint Jean-Christophe Paquet, chirurgien digestif et président de la commission médicale d’établissement. Ce qui signifie également que l’hôpital de Longjumeau est de moins en moins attractif pour recruter de jeunes médecins. Mais, et c’est un bon point pour être éligible au titre du plan Hôpital 2012, un certain nombre de travaux sont déjà engagés. C’est le cas au service oncologie, qui rouvrira en octobre prochain avec davantage de chambres seules. Les urgences adultes et pédiatriques sont également programmées à partir d’octobre pour une durée de quatorze mois de travaux. Elles seront pendant ce temps-là transférées dans un bâtiment modulaire. On peut encore citer les services d’imagerie médicale, de scanner… Au-delà du vaste programme de rénovation immobilière qui serait mis en oeuvre à l’hôpital de Longjumeau s’il était retenu au titre du plan Hôpital 2012, le gouvernement attend de lui qu’il s’inscrive dans une démarche de coopération avec les autres hôpitaux du nord-Essonne. Là encore, Xavier Bertrand a pu constater que le mouvement est enclenché. L’heure n’est plus à la concurrence entre les établissements de Longjumeau, Orsay et Juvisy-sur-Orge mais à la complémentarité. En avril dernier, un accord cadre a été signé en vue d’un projet médical commun selon le principe de spécialisation. L’objectif étant notamment d’assurer une permanence des soins sur l’ensemble de ce territoire. Entre Longjumeau et Orsay, les rapprochements sont facilités du fait d’une direction commune. Ainsi a été mis en place un groupement de coopération sanitaire et certains médecins travaillent sur les deux sites. Selon Eric Graindorge, le directeur des hôpitaux de Longjumeau et Orsay, «un des axes du programme en cours consiste à réserver la chirurgie lourde et urgente à Longjumeau et la chirurgie programmée à Orsay». A Orsay, à noter que les urgences et le bloc opératoire ont été refaits et qu’une unité neurovasculaire a été créée. Du côté de Juvisy-sur-Orge, la question de l’équilibre financier semble davantage se poser, notamment depuis la fermeture ces deux dernières années de ses services de maternité et de chirurgie. En s’appuyant sur le plateau technique de Longjumeau, l’établissement pourrait se réorienter vers une offre médicale de proximité. Les services de gériatrie sont également en cours de développement.
La concurrence du centre sud-francilien. Pour ces trois hôpitaux, il reste pourtant un épouvantail de taille avec la concurrence annoncée du centre hospitalier sud-francilien qui ouvrira prochainement à Evry/Corbeil-Essonnes. Xavier Bertrand a tenu à rassurer : «Il n’y aura pas le sud-francilien avec un désert autour». Et, au sujet du dossier longjumellois, le ministre de la Santé, qui doit rendre son verdict d’ici fin septembre, s’est montré rassurant en résumant ainsi : «Ce dossier avait des atouts, il en a davantage aujourd’hui».








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