Le jour où… (3/4) : Un exploit retentissant

Le jour où… (3/4) : Un exploit retentissant

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Le relais 4x100 m (de g. à dr. Jean-Charles Trouabal, Bruno Marie-Rose, Daniel Sangouma, Max Morinière) fêtant leur record du monde et leur titre européen. ©DR

Le jour où… (3/4) Retrouvez chaque semaine un article dédié à un moment marquant du sport essonnien. Pour ce troisième rendez-vous, retour sur le record du monde du relais 4x100m français aux championnats d’Europe d’athlétisme, le 1er septembre 1990 à Split (Croatie), dont font partie les deux pensionnaires du CO Les Ulis, Daniel Sangouma et Jean-Charles Trouabal.


Lors des championnats d’Europe d’athlétisme de 1990, le relais 4×100 m tricolore fait coup double : titre et record du monde.

Bien avant les hurdlers Ladji Doucouré et Pascal-Martinot-Lagarde, d’autres athlètes essonniens ont brillé sur la scène internationale. Le 1er septembre 1990, à Split (Croatie), lors des championats d’Europe d’athlétisme, Daniel Sangouma et Jean-Charles Trouabal, les deux sprinters du CO Les Ulis, réalisent avec leurs coéquipiers du relais 4x100m, Bruno Marie-Rose et Max Morinière, l’un des plus beaux exploits du sport français. Ils bouclent leur tour de piste en 37″79, synonyme de record du monde. Quatre centièmes de mieux que le précédent détenu par les Etats-Unis depuis les JO de Los Angeles en 1984. Vieille tradition française, le relais 4×100 m était jusqu’à ce 1er septembre 1990 plutôt pourvoyeur de médailles internationales. La dernière datant justement des Jeux de Séoul, deux années auparavant.

Cette finale des championnats d’Europe de Split revêt des allures de revanches pour Daniel Sangouma et Jean-Charles Trouabal, après avoir été battus par les Anglais Lindford Christie et John Regis, respectivement sur 100 et 200 m. Accompagnés par Max Morinière dans le rôle de partant et Bruno Marie-Rose dans celui de finisseur, ils vont se venger et de la plus belle des manières. Bien que devancés par les Anglais au premier passage de témoin, Daniel Sangouma, fraîchement recordman de France du 100 m, fait une ligne droite opposée de toute beauté et rattrape son retard. Il transmet le témoin à Jean-Charles Trouabal qui met ses qualités de vireur à profit de l’équipe pour donner à Bruno Marie-Rose une avance confortable sur Lindford Christie pour le dernier relais. Celui-là ne faiblira pas et franchit la ligne droite en vainqueur.

Aymeric Fourel 


Jean-Charles Trouabal se souvient

« Ce record a changé ma vie »

Aujourd’hui dirigeant à la section athlétisme de Saint-Michel Sports, Jean-Charles Trouabal (55 ans) a raccroché les pointes depuis bien longtemps. Mais trente ans après, l’exploit réalisé avec ses potes du relais 4×100 m, est toujours dans les mémoires. « Ça continue de marquer les esprits. Une personne vient d’ailleurs de m’envoyer des articles de presse de l’époque pour les lui dédicacer, sourit l’ancien sprinter, désormais conférencier, coach en entreprise et préparateur mental. Je me sers d’ailleurs de cette expérience quand j’interviens auprès des entreprises. »

En 1990, Jean-Charles Trouabal avait 25 ans. Six ans plus tôt, il débutait l’athlétisme à Gif-sur-Yvette après avoir pratiqué le football et le basket-ball. Un nouveau virage qu’il a parfaitement négocié à l’image de ceux fectués sur 200 m (sa discipline de prédilection) et dans le relais 4×100 m. « A l’époque, c’était un exploit retentissant. Les équipes françaises de sport collectif n’avaient pas encore brillé au niveau international. Les handballeurs n’ont été champions du monde qu’en 1995, trois ans avant les Bleus du football. On était moins forts individuellement que les Américains mais on avait beaucoup travaillé collectivement, notamment la cohésion d’équipe. Curieusement, on était encore plus rapide en relais. Le jour de notre record, Daniel (Sangouma) avait été chronométré en 8″84, départ lancé. Ce record a changé ma vie. »

A.F.

La semaine prochaine retrouvez l’exploit de l’AS Evry tombeur du SC Toulon lors de la Coupe de France 1985/1986.