Les agriculteurs de l’Essonne bloquent le dépôt de carburant de Grigny

Les agriculteurs de l’Essonne bloquent le dépôt de carburant de Grigny

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A 2h ce lundi 11 juin le dépôt pétrolier de Grigny était bloqué.

Une quarantaine d’agriculteurs sont arrivés vers 1h du matin dans la nuit du dimanche 10 au lundi 11 juin pour bloquer le dépôt pétrolier du groupe CIM à Grigny. Une heure après, les forces de l’ordre présentes sur les lieux ne pouvaient que constater le blocage du site.

Cette opération n’a rien de symbolique. « On ne s’arrêtera pas ce soir ou demain, mais seulement lorsque nous aurons obtenu ce que l’on veut », affirme Frédéric Arnoult président des Jeunes agriculteurs (JA) de la région Ile-de-france.

Et ce qu’ils veulent c’est simple. « Nous demandons que les denrées agricoles qui sont importées sur le territoire français respectent les normes que l’on nous impose », explique Damien Greffin président du syndicat FRSEA Ile-de-France.

Marre des importations distorsives

Préparation des banderoles.

Les deux portes-paroles du mouvement des agriculteurs sont clairs. Les agriculteurs n’en peuvent plus de voir sur le marché français des produits qui ne respectent pas les normes qui leur sont imposées. « Ce n’est pas cette agriculture que veulent les consommatteurs français », rappelle le président des JA d’Ile-de-France.

« On nous donne des contraintes supplémentaires et nous les acceptons. Aujourd’hui sur mon exploitation, je ne travaille plus comme lorsque je me suis installé en 1998. Nous évoluons toujours, nous sommes pour la durabilité. Mais cela ne peut fonctionner que si nous avons un revenu décent et si les mêmes normes s’appliquent aux produits que nous importons », ajoute Damien Greffin.

Le symbole de ce combat, c’est l’huile de palme qui va être importée en grande quantité après l’autorisation donné au groupe Total d’exploiter une bio-raffinerie sur son site en reconversion de La Mède. Cette décision est un danger pour la filière du colza français qui contribue aujourd’hui à produire du biocarburant.

Plus globalement, c’est la stratégie du gouvernement que ce mouvement national remet en cause. « D’un côté le gouvernement fait voter une loi pour une alimentation durable et de l’autre signe des accords de libre échanges comme le CETA et le MERCOSSOR pour importer des produits alimentaires », précisent les deux agriculteurs.

Un dialogue avec le gouvernement difficile

Damien Greffin s’adresse aux agriculteurs présents à 3h ce lundi 11 juin.

Une stratégie dont les agriculteurs se sentent totalement exclus dans les faits, mais aussi dans les débats. « Il y avait auparavant, ces 20 ou 30 dernières années, l’idée d’une co-construction et d’une co-gestion sur la question agricole. Mais le dialogue avec le gouvernement est devenu plus difficile depuis plusieurs mois. Les relations sont devenues très compliquées et il n’est même plus possible de faire changer une virgule dans un projet de loi ou un amendement », avoue Damien Greffin.

Le monde agricole a donc décidé d’agir et surtout de se faire entendre. « Cela fait longtemps que l’on a passé la ligne rouge. On va dans le mur aujourd’hui. On nous demande de plus en plus d’efforts pour protéger la biodiversité et le Président Macron, qui se pose en protecteur de l’environnement, n’est pas gêné d’augmenter les importations d’huile de palme qui mènent pourtant à la déforestation au bout du monde », s’agace Frédéric Arnoult.

Face à cette situation, la résistance s’organise donc et les agriculteurs de l’Essonne comptent bien rester suffisamment longtemps pour se faire entendre et surtout mettre en marche le changement de la politique gouvernementale envers les agriculteurs.

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