Rugby : Les compétitions ne reprendront pas

Rugby [coronavirus] : Les compétitions ne reprendront pas

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A la suite de l'arrêt définitif des championnats amateurs, on ne verra plus jouer Adriu Delai et les Massicois cette saison. ©C.P.

En raison de la pandémie de coronavirus, le Bureau fédéral de la Fédération française de rugby (FFR) a décidé d’arrêter ce vendredi les compétitions de rugby amateur pour la saison 2019/2020. Reste à connaître les modalités de montées et de relégations.

« On le pressentait, c’est arrivé. » Eric Husson, le président de l’US Ris-Orangis (Fédérale 2), n’a pas été surpris de l’annonce de la Fédération française de rugby, ce vendredi, de mettre fin à tous les championnats amateurs pour la saison 2019/2020. « Une décision douloureuse », dixit le communiqué de la FFR. « Une bonne décision compte tenu de la catastrophe sanitaire que l’on traverse, estime, pour sa part, François Guionnet, le président du RC Massy-Essonne (Fédérale 1). Pour les joueurs, il aurait fallu trois à quatre semaines de remise à niveau et de la réathlétisation car le rugby est un sport de combat collectif qui demande une grosse préparation. Après six semaines d’arrêt, on n’aurait pas pu reprendre d’entrée. » Dans cette situation exceptionnelle, « on ne peut pas être insensible non plus, poursuit le dirigeant massicois. Dans la vie des hommes et des rugbymen, tout le monde pourra supporter trois mois sans compétition. »

Massy montera, montera pas 

Après la suspension de toutes les activités sportives dès le 13 mars dernier, à la suite de l’allocution du président de la République, Emmanuel Macron, la FFR a souhaité mettre fin à la saison « en tenant compte de l’annonce, vendredi du Premier Ministre, Edouard Philippe, de prolonger la période de confinement (ndlr : jusqu’au 15 avril), et dans la volonté de protéger le plus largement possible l’ensemble de la communauté rugbystique ». Ainsi, aucun titre de champion de France ou de Ligue ne sera décerné au titre de la saison 2019/2020. Les modalités relatives aux accessions et aux éventuelles relégations pour les compétitions nationales seront communiquées par la Commission nationale des épreuves d’ici au 3 avril prochain. « On a une semaine à patienter et à espérer, souffle François Guionnet. S’il n’y a pas de montée, on sera désolé. Et s’il y a une montée, la logique serait d’accorder les deux tickets pour la Pro D2 aux deux meilleurs clubs nationaux de Fédérale 1, à savoir Albi (1er) et Massy (2e), d’autant que plus de la moitié du championnat a été jouée. Il n’y a pas de règle écrite mais il est d’usage d’entériner un résultat quand un match ne peut aller à son terme. On va faire confiance à la « justice » de notre sport qui dépend à la fois de la FFR et de la Ligue nationale du rugby (LNR), qui gère le rugby professionnel. »

Des conséquences financières

Du côté de Ris-Orangis, on respire car s’il y a des relégations en Fédérale 3, elles ne concerneront pas l’équipe essonnienne, sortie de la zone rouge la semaine passée (8e de la poule 2 de Fédérale 2) grâce aux cinq points récupérés sur tapis vert aux dépens de Meyzieu (15e journée). Le club du Rhône avait aligné en équipe première un joueur de la réserve dont le temps de jeu cumulé sur les deux rencontres dépassait le cadre réglementaire. « Les conséquences de cette fin de saison brutale vont être financières, reconnaît Eric Husson. On va perdre énormément de partenaires, les deux tiers vraisemblablement. Or, ils représentent un tiers de notre budget. » Le président de l’USRO prévoit donc un budget largement à la baisse pour la saison prochaine (250 000 euros contre 360 000 euros cette année). « Ça va être compliqué mais contrairement à d’autres clubs, notamment en province, on n’a pas de joueurs sous contrat, donc pas de salaires à verser. Même si on va perdre en recettes sur les entrées et la buvette, on va faire des économies sur les primes de match, les déplacements et les défraiements des éducateurs. J’attends de voir aussi comment vont être répartis les 35 millions du Fonds de solidarité lancé par la FFR ».
« Sur un plan économique, on va perdre de l’argent, c’est certain mais c’est très secondaire par rapport à la crise sanitaire mais les aides de la Fédération (Fonds de solidarité) et de l’Etat (mesures de chômage partiel) doivent nous permettre de limiter la casse », estime François Guionnet.

A noter que si les compétitions sont terminées, la FFR souhaite pour autant avec ses Ligues, Comités départementaux et clubs créer des animations sportives, pouvant prendre différentes formes (plateaux, rencontres amicales, festivals…) afin de permettre à nos licenciés de pratiquer notre jeu dès que la situation sanitaire le permettra.

Aymeric Fourel