Avrainville : le rehaussement d’un terrain agricole interroge

Avrainville : le rehaussement d’un terrain agricole interroge

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Le terrain a été surelevé de 1,8 mètre en bordure de la N20.

Des terres, avec des déchets dits inertes, sont déposées sur un terrain agricole d’Avrainville. Certains habitants s’inquiètent.

Elles n’en démordent pas. « C’est une décharge déguisée », commence Véronique Braut, d’Avrainville Votre Avenir (AVA), aux côtés de Sylvie Richerolle. « Ces terres agricoles servent de dépotoir », souffle Catherine Lefebvre, habitante de Savigny-sur-Orge et membre de la Confédération paysanne. Dans leur viseur, le rehaussement d’un terrain agricole de six hectares en bordure de Nationale 20, sujet aux inondations. « Le Grand Paris se veut vertueux, avec des déchets qui vont dans les carrières ou les parcs, à aucun moment il n’est écrit que cela irait dans les champs, continue-t-elle. Avec le temps, les déchets remonteront, le sous-sol est pollué. J’ai vu du marbre, des gravats, des interrupteurs… Mais, pour savoir ce qui a été déposé, il faudrait faire un carottage… » Elle a suivi un camion jusqu’à Sainte-Geneviève-des-Bois.

Les sociétés se défendent

Sur place, tout type de gravats et déchets sont visibles…

La société Kaufman & Broad prône une traçabilité des déblais et assure que « comme nous l’a confirmé Immo VRD, en charge de la démolition et du terrassement, les déblais de notre chantier sont évacués sur cette parcelle. Ils sont de type ISDI (Installations de Stockage de Déchets Inertes), parfaitement compatibles avec le rehaussement de la parcelle. » Nous n’avons pas réussi à joindre Immo VRD.

De son côté, la société du Grand Paris déclare ne pas déposer de terres dans des champs et que « au 1er trimestre 2019, l’Essonne a accueilli 12 000 tonnes de terres venant de chantiers du Grand Paris Express, soit 1 % du total, à Forges-les-Bains. Notre système de traçabilité nous permet d’affirmer qu’aucun déblais n’a été enfoui à Avrainville. Nos sociétés de démolition s’exposeraient à de lourdes sanctions en cas de dépôts sauvages. »

Saisie par AVA, la Direction régionale et interdépartementale de l’Environnement et de l’Energie Ile-de-France « n’a pas pu vérifier » la présence de zones inondées et ne considère pas ce lieu comme « une installation de stockage de déchets inertes ». Gérard Colibet, agriculteur du Plessis-Pâté dont le fils a repris l’exploitation, précise. « Il n’était pas possible de drainer le terrain, alors on l’a surélevé. On n’est pas fous, on n’aurait pas accepté si c’était des déchets, ce sont des bonnes terres. Les gravats sont là pour le passage des camions, ils seront enlevés. Une fois, j’ai vu un camion arriver, il n’était pas bon, il a été renvoyé ! »

Philippe Le Fol, maire, parle « d’une liste d’opposition qui veut relancer la polémique. Il y a du béton concassé, des gravats, mais tout est vérifié. AVA peut faire diligenter une enquête, je suis tranquille. » Avant de conclure. « Que ce soit sous des terres végétales, la question peut se poser, mais il n’y a pas de problème pour les nappes phréatiques. »

Retrouvez cet article dans nos éditions papier et numérique du jeudi 9 mai.

Des gravats, inertes, sans risque selon les parties prenantes.

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