Pour obtenir une équité salariale avec les autres services, les Enseignants en Activités Physiques Adaptées (EAPA) sont en grève. Depuis le 4 mai, ils n’assurent plus leurs fonctions à la Clinique de l’Essonne et ont organisé un rassemblement devant l’établissement le 15 juin.
« Après une semaine de grève, on s’est dit qu’on ne pouvait plus reculer », confie Pierrick, un enseignant en activités physiques adaptée (EAPA) salarié depuis 2023. Depuis le 4 mai, le mécontentement se fait ressentir par la profession, auprès de la direction de la Clinique de l’Essonne, située à Évry-Courcouronnes. Les salariés demandent une augmentation mensuelle de leurs salaires de 250 euros brut pour être en équité avec leurs collègues du plateau de rééducation concernant un salaire minimum. Réclamée depuis deux ans, les onze soignants ont décidé de marquer leur grève auprès de la patientèle de l’hôpital privé le midi du lundi 15 juin suite au refus de la direction de l’établissement.
Avec des pancartes « APA en colère, APA déterminés », « APA sous payés, patients lésés », de nombreux patients sont venus pour apporter du soutien. Installés sur le parvis de la clinique, ils expliquent l’importance de ce service. « Les services sont très complémentaires avec les kinésithérapeutes, les ergothérapeutes et les EAPA. Ils sont très importants pour moi et leurs soins essentiels », confie une bénéficiaire. Ensuite, une trentaine de participants ont fait une marche autour de l’hôpital pour faire entendre leurs besoins tout en brandissant une affiche avec le slogan « EAPA en grève pour l’équité ».
Un climat tendu
Le jour de la mobilisation devant l’hôpital privé d’Evry, la situation est tendue entre les personnels concernés et la direction. Un huissier de justice est envoyé pour que les grévistes ne puissent entrer dans l’entrée de la clinique. Ces derniers expliquent que, depuis le départ de la mobilisation il y a plus de sept semaines, la direction aurait tenté de mettre la pression pour empêcher de continuer le mouvement. De son côté, elle indique être « particulièrement attachée au dialogue social » en privilégiant « des échanges réguliers qui n’ont jamais été interrompus ».
Après une quinzaine de réunions, la direction a proposé une augmentation de 200 euros brut au total, répartie sur deux années. Elle a été refusée et aucune nouvelle concertation n’est prévue à ce jour. La patientèle, mécontente du manque de soin, a tenu à rencontrer la direction pour appuyer la demande des EAPA. Contacté par le journal, le service de communication du groupe Almaviva a affirmé que « la direction ne remet nullement en cause l’engagement ni la contribution EAPA dont le rôle est pleinement reconnu » et que « la volonté est de rechercher des solutions soutenables pour l’établissement, équitables pour l’ensemble des professionnels et compatibles avec les équilibres nécessaires au bon fonctionnement de l’hôpital ».
Pour l’instant, tous les soignants sont dans l’attente d’une nouvelle négociation. « On s’entend très bien dans l’équipe. On désire revenir le plus tôt possible, car ils en ont besoin », explique avec le sourire une des grévistes.
Le groupe est soutenu par des membres d’autres services de l’hôpital et par quelques soignants qui effectuent la même profession dans d’autres centres de santé. Cependant, le mouvement qui tente de se maintenir que par lui-même est faiblement soutenu en externe. Une cagnotte en ligne a été ouverte et a atteint plus de 1700 euros pour continuer à vivre malgré le salaire imputé par la grève.
Article écrit par Valentin Krampac – – Guittard
