Privé de terrains praticables depuis des mois, l’Union Sportive Vert-le-Grand Football 91 voit ses performances sportives freinées et son nombre de licenciés fondre. À court terme, les résultats en pâtissent. À long terme, c’est la survie même du club de foot qui est en jeu.
L’US Vert-le-Grand Football traverse une période critique. Plus qu’une mauvaise passe sportive, c’est un problème structurel qui fragilise l’ensemble du club : l’état des terrains. Fermés depuis le mois de novembre car jugés impraticables, ils empêchent les équipes de s’entraîner normalement et accélèrent une érosion inquiétante du nombre de licenciés. « En tout, nous avons 170 licenciés, c’est en nette baisse depuis des années. On perd environ 30 licenciés par an », alerte Gérald Chaumont, président du club essonnien. La situation est particulièrement préoccupante chez les jeunes. « On n’a même plus de U12 et de U13. Il va y avoir un trou générationnel », regrette le dirigeant grandvertois. Dans les catégories de jeunes, les conséquences sont immédiates : entre 20 et 30 séances d’entraînement ont été annulées cette saison en raison des fermetures de terrains. Pendant les vacances scolaires, là où les clubs équipés de terrains synthétiques peuvent s’entraîner quotidiennement, Vert-le-Grand est à l’arrêt.

Une chute des licenciés pour le club de foot
Cette pénurie d’infrastructures impacte aussi les équipes adultes. Chez les vétérans, véritable vitrine du club et seule formation évoluant au niveau Ligue (R3), la chute est brutale. De 64 joueurs lors de la saison 2023-2024, l’effectif est tombé à 28 pour l’exercice 2025-2026. Pensionnaires de Régional 3, les Grandvertois, troisièmes la saison passée, luttent désormais pour leur maintien. « C’est un cercle vicieux : pas de terrains, pas d’entraînement, des blessures, et forcément des performances en baisse », confie leur entraîneur Mickaël Muyshond. Côté seniors, le bilan reste contrasté mais porteur d’espoir. Neuvième sur douze en Départemental 5, l’équipe essonnienne a décroché le nul dimanche dernier sur le synthétique de Villemoisson (1-1) et tentera de s’offrir un succès ce dimanche (15h) contre la réserve d’Évry-Courcouronnes, si l’état de la pelouse le permet. Relancée en 2024 après une saison blanche, la formation entraînée par Irvin Bilesimo est également qualifiée pour les huitièmes de finale de la Coupe du District, avec un déplacement relevé à Limours (D1) le 22 février.

A quand un terrain synthétique à Vert-le-Grand ?
Pourtant, au-delà des résultats, l’urgence est ailleurs. « La solution, c’est un terrain synthétique, mais il faut trouver un million d’euros », explique Gérald Chaumont. Une alternative existe : la rénovation des terrains en herbe, avec un devis estimé à 150 000 euros comprenant drainage, sablage, arrosage automatique et décompactage. Mais sans entretien régulier, le problème se reposera rapidement. « D’autres clubs ont un synthétique et on voit la différence. Si nos terrains sont rénovés, on pourra faire revenir d’anciens joueurs et relancer une dynamique », insiste le président essonnien, qui nourrit aussi des projets ambitieux : création d’une équipe vétérans +45 ans et lancement d’une section féminine. À Vert-le-Grand, le constat est désormais clair : sans investissement rapide sur les infrastructures, les difficultés sportives actuelles risquent de laisser place à une lente disparition du club. Un scénario que dirigeants et bénévoles grandvertois tentent à tout prix d’éviter.
Jérémy Andrieux