Le prix du fioul domestique a, lui aussi, largement évolué à la hausse depuis le début de l’année, une source d’inquiétude dans les foyers qui se chauffent avec cette énergie.
Selon l’Insee, en février dernier, le prix moyen du fioul domestique en France était de 1,216 euro/litre. Deux mois plus tard, il était de 1,779 euro. Une augmentation d’un peu plus de 77,9% en deux mois. Il a diminué les mois suivants, donnant l’espoir aux foyers utilisant cette énergie à leurs domiciles l’espoir d’un impact de la hausse limité à l’heure de remplir leur cuve à fioul, mais le contexte international a de nouveau fait flamber les prix. Au mois de septembre, le prix au litre du fioul domestique culminait à 1,833 euros, soit une augmentation de 83,3%.
Quand on sait qu’en moyenne un foyer se chauffant avec cette énergie consomme entre 1500 et 2000 litres par an, cela place le montant d’une facture entre 3200 et 3700 euros. Une situation inquiétante qu’a relayé au gouvernement le sénateur Jean-Raymond Hugonet le jeudi 15 octobre. Par le biais d’une question écrite destinée au ministre délégué auprès de la ministre de la transition écologique, sur la situation critique des ménages résidant en zone rurale et demeurant dépendants du fioul domestique pour leur chauffage. « Alors que l’évolution des prix des carburants et de l’énergie fait régulièrement l’objet de mesures de soutien ciblées, la situation des foyers chauffés au fioul demeure trop souvent marginalisée dans le débat public. Pour une part importante de nos concitoyens, en particulier les familles modestes et les personnes âgées, l’utilisation d’une chaudière au fioul ne relève pas d’un choix, mais d’une contrainte technique et géographique liée à l’absence de raccordement aux réseaux de gaz naturel et à l’insuffisance des alternatives immédiatement mobilisables », alerte le sénateur face à une situation qui devient « financièrement insoutenable » pour les ménages aux revenus modestes ou moyens. « Si les dispositifs d’aide à la transition énergétique encouragent le remplacement des équipements obsolètes, le reste à charge demeure inatteignable pour de nombreux foyers qui ne disposent d’aucune épargne préalable », rappelle Jean-Raymond Hugonet, aussi, demande-t-il au gouvernement s’il entend mettre en place des mesures d’urgence afin de soutenir les ménages ruraux modestes et par ailleurs de renforcer les dispositifs d’aide à la rénovation thermique « pour éviter que les habitants des territoires périurbains et ruraux ne se retrouvent pris au piège de l’asphyxie financière ».