Athis-Mons : Les cirques de famille appelés à disparaître ?

Athis-Mons : Les cirques de famille appelés à disparaître ?

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David Dassonville( à droite) ne trouve aucun terrain où installer son cirque pour les semaines à venir. © Aurélia Brachet

David Dassonville a de quoi être fier. «Là, c’est la 7e génération qui travaille. La 8e est encore dans le berceau.» Il est à la tête d’un cirque de famille, le Manhattan circus.

Un spectacle intergénérationnel

Depuis 200 ans, ses ancêtres n’ont vécu que du cirque. Lui aussi, accompagné de tous les membres de sa famille, vit au fil des spectacles qu’ils présentent toute l’année à travers l’Hexagone. De tous les artistes et agents d’accueil, jusqu’à la vendeuse de pop-corn, aucun n’est salarié à proprement dit. «Nous travaillons en famille, toutes les générations confondues. J’ai sept frères qui font tous le même métier que moi. Pour mon cirque, je ne collabore qu’avec mes cinq enfants, leurs conjoints et leurs enfants à eux.» Lors des représentations, les numéros s’enchaînent les uns après les autres, avec les grands classiques du cirque : le clown farceur, le dressage de chevaux et poneys ou encore les acrobaties aériennes. Tous se sont formés ici, sur le tas, en famille.

Ils ne sont plus les bienvenus

Malgré la popularité des spectacles auprès du public, depuis plusieurs années la situation est de plus en plus compliquée pour les cirques de famille, au nombre de 500 environ en France. De plus en plus de municipalités sont réticentes à l’idée de les accueillir sur le territoire de leur commune. De fait, le Manhattan circus, présent à Athis-Mons jusqu’au mercredi 2 novembre, ne savait toujours pas, au lundi 31 octobre, où il pourrait s’installer par la suite afin de poursuivre la saison de représentations.

Si d’habitude ils proposent environ trois représentations par semaine, en ce moment ils doivent travailler tous les jours, pour couvrir les frais et anticiper. «Dans de telles conditions, impossible de savoir de quoi demain sera fait, soupire David. On ne peut rien faire contre les villes quand elles décident de ne pas nous laisser un terrain. Nous aussi nous avons des assurances à payer, des animaux à soigner et une famille à nourrir.» Comme beaucoup d’autres cirques, il craint de devoir arrêter. «Mais pour quoi faire ? Nous ne savons ni lire ni écrire, notre vie c’est le cirque. Nous fabriquons et réparons tout nous-même, nous sommes des manuels. Nous ne pourrons jamais apprendre de métier.»

 

Retrouvez l’intégralité de cet article dans nos éditions papier et numérique du jeudi 3 novembre.

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