Engagé sur l’Alpine n°36 pour la dernière au Mans du constructeur français avant l’arrêt de son programme Hypercar, le pilote de Varennes-Jarcy s’apprête à disputer son premier double tour d’horloge, pour la 94e édition des 24 heures du Mans ce week-end.
«Que ce soit en karting ou en monoplace, j’ai toujours aimé les circuits atypiques comme Monaco et Melbourne. Encore plus quand, c’est la première fois. On ne connaît rien, on a tout à découvrir. » A 24 ans, Victor Martins est sur le point d’écrire une nouvelle page de sa carrière de pilote automobile en disputant pour la première fois les 24 heures du Mans – dont le départ sera donné ce samedi (16h) par l’ancien cycliste britannique Mark Cavendish – au sein du Team Alpine Endurance. « Je m’étais fixé de faire Le Mans après la Formule 1. Finalement, le chapitre F1 ne s’est pas encore ouvert et j’ai eu l’opportunité de disputer le championnat du monde d’endurance (WEC) avec Alpine »,
confie l’ancien champion du monde de Formule 3 (2022), qui sort de trois saisons en F2 avec des hauts et des bas (3 victoires, 18 podiums, 6 poles en 71 courses ; 5e du championnat en 2023). Pour sa première participation « à la course la plus mythique de l’année », le pilote de Varennes-Jarcy se montre « assez serein malgré [son] inexpérience de l’endurance ».
Ce ne sera en effet que sa troisième course au volant de l’A424, le proto Hypercar de l’écurie française, mais l’Essonnien dit prendre « beaucoup de plaisir ».

Onzièmes à Imola (Italie) lors de la manche d’ouverture du WEC, le 17 avril, Victor Martins et ses coéquipiers de l’Alpine n°36, l’expérimenté Frédéric Makowiecki (45 ans, 12 participations dont une victoire en GTE Pro en 2022) et Jules Gounon (31 ans), se sont battus aux avant-postes trois semaines plus tard à Spa (Belgique) avant qu’une intervention de la voiture de sécurité ne ruine leurs espoirs de podium (11es).
« On sait qu’on peut se battre pour la victoire »
« On a montré qu’on était rapide. Même si on n’a pas encore réussi à gagner, on sait qu’on peut se battre pour la victoire,
estime l’ancien champion du monde de karting (2016). Il y a encore des petites choses à régler. Je dois être plus lucide. En endurance, les procédures ne sont pas les mêmes qu’en F2 et en F3. »
Comme tous les pilotes qui découvrent les 24 heures du Mans, le Franco-Portugais a été dû passer par le simulateur AOTech de Tigery pour passer en revue toutes les spécificités réglementaires de la course. Mais ce n’est que dimanche dernier lors de la journée test, ouverte aux 62 équipages de cette 94e édition, qu’il a pu se familiariser avec le circuit manceau long de plus de treize kilomètres. Les ‘‘S’’ de la forêt, la courbe du Tertre Rouge jute avant la ligne droite des Hunaudières, le virage Indianapolis et son fameux ‘‘banking’’, les virages Porsche qu’on prend à plus de 200 km/h. Victor Martins a déjà « kiffé » sur et en dehors de la piste. « J’ai pu me rendre compte lors du pesage (vérifications techniques) de l’engouement pour cette course et pour Alpine ainsi que de l’atmosphère qui y règne déjà alors que le départ n’est que dans une semaine (ndlr :ce samedi) », explique le pilote d’essai Williams en F1.
Une belle saison en endurance, et notamment un bon résultat au Mans, pourrait lui ouvrir de nouvelles perspectives pour la suite de sa carrière alors que le programme endurance d’Alpine s’arrête à la fin de l’année. « Pour l’instant, je ne pense pas trop à mon avenir. Même si je n’ai pas encore de baquet pour l’an prochain, cela ne me préoccupe pas au quotidien. Mon objectif, c’est avant tout de performer avec Alpine. »
Aymeric Fourel
