« La situation est pire que ce que je pressentais » : la ville de Vert-le-Petit au bord du gouffre financier

Un peu plus de deux mois après son élection en tant que maire, Vincent Bernier alerte sur la situation financière de la commune.
Elu d’opposition dans la mandature précédente, Vincent Bernier avait régulièrement interpellé la municipalité de l’époque et sa maire Laurence Budelot, sur la trajectoire financière de la commune qui l’inquiétait. Après son élection en mars dernier, l’une de ses premières décisions a été de commander un audit financier de la ville afin d’avoir une vision claire de la situation. Le résultat de cet audit est sans appel. « La situation est pire que ce que je pressentais », souligne Vincent Bernier, maire de Vert-le-Petit.

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Que peut-on lire dans l’audit ? « Il ne reste presque plus d’épargne pour investir ». L’épargne a diminué de 441 000 € depuis 2019 pour s’établir à 30 000 € en 2025. Pire, « les réserves financières sont épuisées » et elles sont même négatives en 2025, à -68 000 €. « La commune a consommé l’ensemble de ses réserves et ne dispose plus de marge de sécurité financière », écrit le cabinet.

La mairie mise en demeure par l’Urssaf

Plus de réserves financières donc, et un fond de roulement au plus bas. A peine arrivé dans le bureau de maire, Vincent Bernier reçoit deux courriers qui viennent confirmer la situation précaire de la ville. Le premier, une mise en demeure de l’Urssaf daté du 18 mars 2026. La mairie n’avait en effet pas réglé toutes les cotisations sociales dues sur les salaires des agents pour le mois de février. Un total de 64 249 € à régler sous deux mois, pénalités et majorations inclues. Un mois plus tard, le 24 avril, un autre courrier, émanant cette fois de la trésorerie de La Ferté-Alais, qui indique à la mairie que plusieurs « pièces de dépenses référencées en pièces jointes n’ont pu être mises en paiement faute de trésorerie suffisante ». Les services des finances publiques demandaient donc au maire de définir des priorités afin de choisir l’ordre des factures à régler… Au total, ce sont « plus de 400 000 € de factures qui n’ont pas été réglées, et plus de 400 000 € qui n’ont pas encore été présentées », ajoute le maire. Sollicitée par nos soins, Laurence Budelot, l’ancienne maire, n’avait pas répondu à nos questions à l’heure du bouclage du journal.

Un projet de centre-bourg qualifié d’insoutenable financièrement

La raison de cette dégradation financière de la commune est le projet de centre-bourg, d’une ampleur qualifié de « insoutenable », par l’auditeur, qui y voit, avec son coût de 9,7 millions d’euros « un projet d’un montant très élevé et incompatible avec les ressources de la commune », et d’autant plus impossible à financer « dans un contexte où la commune ne dégage plus d’épargne ». La seule solution était de contracter pour 13,7 millions d’emprunt, mais sans épargne, la capacité d’emprunt de la commune était de toute façon limitée. « La réalisation du projet conduirait la commune à des déficits répétés qui auraient nécessité des mesures de redressement encadrées par l’Etat », ou en clair une « mise sous tutelle ». Fort naturellement, Vincent Bernier et son équipe ont décidé de stopper ce projet. Mais cela ne suffit évidemment pas pour redresser les finances communales.

95 à 150 € d’impôts de plus pour les Vertois afin d’assainir la situation

S’ajoute aussi le problème du nouveau restaurant scolaire, inauguré et ouvert peu avant l’élection. « Ce chantier n’est
pas terminé officiellement, et les réserves n’ont été que partiellement émises. Nous sommes face à une réception de fait »
, indique-t-il. Problème, pour toucher les subventions, notamment des sommes dûes au titre d’un contrat d’aménagement régional et quelques subventions de l’Etat, il faut terminer le chantier et payer les factures. Ce que la ville ne peut pas faire.
Il a donc fallu prendre une décision difficile. Lors du conseil municipal du mardi 28 avril dernier, les élus ont donc approuvé une augmentation de la fiscalité locale. Le taux municipal pour le foncier bâti est passé de 36,25 à 40,20 %. Une augmentation de près de 4 points qui va permettre de collecter environ 150 000 € supplémentaires en recettes. « Cette augmentation nous permet de faire levier pour emprunter la somme de 419 000 €. Cela va nous permettre de payer la cantine, toucher nos subventions et assurer nos obligations financières », annonce Vincent Bernier. Cette augmentation représente une augmentation de la fiscalité qui oscillera entre 95 et 150 € par habitant.
Deux réunions publiques sont prévues dans les jours à venir afin d’échanger avec les Vertois sur la situation financière de la ville. Elles auront lieu les mercredi 10 et vendredi 19 juin, à 20h à la salle des fêtes.
Teddy Vaury

Teddy Vaury
Teddy Vaury
Teddy Vaury est rédacteur en chef du Républicain de l'Essonne. Il travaille au sein de l'hebdomadaire départemental depuis 2006.
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