Après 16 ans en tant que juriste salariée, Ida Christelle Makanda a choisi l’indépendance pour donner plus de sens à son parcours. Entre accompagnement, enseignement et engagement, la cheffe d’entreprise multiplie les activités avec une même ambition : accompagner chacun vers davantage d’autonomie et de confiance en l’avenir.
« Humainement vôtre » C’est ainsi qu’Ida Christelle Makanda conclut ses mails. Une formule qui résume à elle seule la trajectoire de cette juriste devenue entrepreneure, attachée à replacer l’humain au cœur du droit.
Pourtant, rien ne la destinait à emprunter ce chemin. Accompagnée et financée par l’Association pour le droit à l’initiative économique (Adie) en 2023, l’Essonnienne se destinait d’abord à enseigner l’histoire. Après ses études, elle trouve un premier travail en 2007 en tant que gestionnaire ressources humaines et paie. C’est une révélation. « J’ai découvert le droit du travail et j’avais envie de poursuivre dans ce domaine en autodidacte », explique-t-elle.
Les planètes alignées en quatre mois
Au fil des années, elle devient juriste, puis responsable et directrice juridique RH, toujours salariée cadre. Des responsabilités qu’elle apprécie, mais dans lesquelles elle se sent limitée : « J’étais frustrée de voir mes projets reportés à plus tard, j’ai eu envie de déployer ma propre vision de la culture de l’entreprise ». Elle fait partie des 819 entrepreneurs financés en 2023 par l’Adie de l’Essonne.
En novembre 2022, elle quitte son poste de juriste coordinatrice manager dans un cabinet d’expertise comptable. Le mois suivant, elle participe à un atelier sur la création d’entreprise organisé par l’intercommunalité Grand Paris Sud. Elle y découvre les dispositifs d’accompagnement de l’Adie Essonne. Le réseau lui accorde un microcrédit de 10 000 euros pour financer son installation. « L’association a été très réactive : en deux semaines, j’avais mon financement », se souvient l’entrepreneure de 43 ans. Son conseiller lui parle alors de la pépinière d’entreprises Le Magellan, à Évry-Courcouronnes.
Le 27 janvier 2023, ICM Legal Consulting, une société spécialisée dans le conseil, l’audit et l’accompagnement des dirigeants de TPE, PME, ETI, start-up, associations, collectivités et particuliers est officiellement créée. Spécialisée en droit du travail, des affaires et des étrangers, elle intervient notamment sur l’orientation stratégique, les procédures juridiques administratives, les ressources humaines ou encore la mobilité internationale. Quelques jours après, elle reçoit l’accord du comité de sélection du Magellan et accueille ses premiers clients. Depuis, l’activité est au beau fixe. « Je n’ai pas changé de métier, je continue ce que je faisais auparavant, explique-t-elle. En janvier, j’ai célébré ma troisième année et j’ai toujours la même passion. »
Multiplier les casquettes sans perdre le sens
A travers ICM Legal Consulting, certifiée Qualiopi, elle conseille et forme des chefs d’entreprises, des directeurs de ressources humaines ou encore des représentants du personnel. En parallèle, elle enseigne le droit et la communication d’influence dans des écoles de commerce. Elle exerce aussi en tant que conseillère au Conseil des Prud’hommes d’Evry-Courcouronnes.
Cette mère de famille se dit épanouie dans ses différentes fonctions et fière d’être un modèle pour ses deux enfants : « Ma fille me dit souvent qu’elle aimerait développer son entreprise plus tard. C’est magnifique de voir que mes enfants comprennent ce que je fais et pourquoi je le fais ».
Lorsqu’Ida Christelle Makanda quitte ses dossiers, elle consacre du temps au bénévolat dans deux structures locales en tant que mentor : l’association Fondation Agir contre l’exclusion (FACE) de Corbeil-Essonnes et la Maison de l’Emploi et de la Formation à Evry-Courcouronnes. Dans la première, un club d’entreprises engagées pour l’inclusion professionnelle des 16-25 ans, elle les aide à se surpasser pour lever les barrières et entrevoir la réussite. Dans la seconde, un réseau associatif géré par Grand Paris Sud, elle aide des jeunes adultes de plus de 20 ans à trouver leur voie. « Ces actions me confortent dans ma mission de vie, confie la professionnelle. Je montre que parfois, un déclic suffit pour changer une trajectoire.»
Attachée à la volonté d’aider le plus grand nombre, elle travaille aussi sur LawTrust, un projet de plate-forme de vulgarisation du droit, accessible à tous, y compris aux personnes en situation de handicap : « Pour proposer une première version d’un site ou d’une application, il me faut trouver des financements. Mon moteur est de rendre le droit sans aucune forme de discrimination ».
Parmi les projets qu’elle nourrit encore figure un objectif certain, devenir avocate : « Maintenant, ma frustration est de ne pas pouvoir accompagner jusqu’au bout ceux que je conseille. Une fois que je serai avocate, la boucle sera bouclée ».