L’Essonne mobilisée pour anticiper une crue de la Seine

L’Essonne mobilisée pour anticiper une crue de la Seine

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Les représentants de l'Etat se sont réunis au centre opérationnel départemental.

A l’occasion du lancement du test grandeur nature Sequana, la préfecture de l’Essonne et les différents secteurs concernés par la gestion de crue se sont réunis au centre opérationnel départemental (COD) le lundi 7 mars. La simulation va se poursuivre une dizaine de jours afin « de préparer les esprits ».

La Seine est en crue. Depuis le début de la semaine, le pont de Juvisy est fermé à la circulation, 500 personnes sont déjà inondées et des bâtiments publics, notamment des écoles, sont privés d’électricité. Au centre opérationnel départemental, l’heure est à la réunion de crise lundi 7 mars : « Crosne, Ris-Orangis et Athis-Mons sont les communes les plus touchées. Des déviations ont été installées et les évacuations ont débuté dès dimanche après-midi. Comme c’est la rentrée des classes, nous avons demandé aux parents de garder les enfants à la maison même si un accueil est mis en place pour ceux qui n’ont pas de solution ».

Tel est le scénario proposé à l’occasion du test de crue grandeur nature Sequana, lancé jusqu’au 18 mars sur le département. L’objectif de cette simulation est de mobiliser tous les représentants de l’Etat, les communes riveraines de la Seine (une quinzaine en Essonne) et les secteurs concernés par la gestion de crue. « On ne souhaite pas faire peur, seulement préparer les esprits à toutes les éventualités. Il faut entretenir et partager la culture du risque pour ne pas oublier les catastrophes précédentes, comme la crue de 1910. Aujourd’hui, une crue centennale coûterait 30 milliards d’euros de dommages directs. On ne sait pas quand cela arrivera, mais nous sommes certains que ça peut se reproduire », explique Bernard Schmeltz, préfet de l’Essonne.

« Se tester personnellement »

Pendant plusieurs jours, les personnes mobilisées vont ainsi tenter de prendre les meilleures dispositions et d’analyser les secteurs à sécuriser ou évacuer en priorité. Ils vont analyser la pertinence du système et de leurs décisions en période de crise et tout en subissant des pressions extérieures. « Il faut rôder tous les moyens mis à notre disposition pour être efficaces et rapides le jour où ça arrivera. Cela peut sembler futile, mais nous devons nous assurer que les numéros de téléphone soient à jour, que nous sachions qui contacter pour ouvrir tel gymnase ou encore quelles informations sont sûres pour être communiquées. Ce n’est pas un simple exercice, on se plonge dans une situation de responsabilité et on se teste personnellement », poursuit le préfet, qui précise qu’en plus de la simulation en salle des exercices de terrain auront lieu avec certaines équipes.

Du côté de Viry-Chatillon, par exemple, la municipalité a décidé d’aménager le gymnase Allende, qui se trouve sur le quartier du plateau et donc hors d’eau, afin de vire de façon réelle la simulation, comme si des personnes inondées devaient être accueillies.

Le gymnase Allende à Viry-Chatillon a été aménagé. ©DR
Le gymnase Allende à Viry-Chatillon a été aménagé. ©DR

Le test Sequana ressemble à des exercices programmés durant l’année afin de se préparer à différents types de catastrophes. Une fois le test terminé, une séance de debriefing permettra de revoir les choix et de corriger ce qui n’allait pas. Les décisions seront ensuite archivées et pourront servir lors de prochains essais.

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